Automobile

L’acheteur compare en ligne : comment exister avant la visite en concession

Une concession ne se distingue plus sur la fiche technique, que tout le monde affiche à l’identique, mais sur trois moments précis du parcours en ligne. Aucun des trois ne demande de baisser un prix.

Publié le · 8 min de lecture

Illustration isométrique du parcours en ligne d’un acheteur automobile avant sa visite en concession

Entre le moment où quelqu’un se dit qu’il va changer de voiture et celui où il pousse la porte d’une concession, il se passe plusieurs semaines, et l’essentiel de la décision s’y joue. Pendant cette période, la concession n’existe pratiquement pas.

Ce n’est pas une fatalité, mais cela demande de comprendre ce que le client regarde réellement, ce qui n’est presque jamais ce que les concessions mettent en avant.

Ce guide décrit le parcours, les trois moments où une concession peut se distinguer, et ce qui ne sert à rien même quand cela coûte cher.

Le parcours réel, en trois temps

D’abord la phase floue : la personne sait qu’elle changera, sans savoir quand ni quoi. Elle regarde, elle s’informe, elle ne contacte personne. Aucune concession ne peut lui vendre quoi que ce soit à ce stade, et essayer est contre-productif.

Ensuite la phase de sélection : deux ou trois modèles en tête, des budgets qui se précisent, des stocks consultés. C’est là que la concession entre dans le jeu, par ce qu’elle a en stock et par la façon dont elle le présente.

Enfin la phase de contact : la personne écrit, souvent à plusieurs concessions le même soir. Cette phase dure quelques heures, parfois quelques minutes, et elle décide de qui obtiendra la visite.

Moment 1 : la présentation du stock

C’est le seul endroit où une concession contrôle entièrement ce qu’elle montre, et c’est celui qui est le plus négligé. Des photos prises à la va-vite sur un parking, trois clichés au lieu de vingt, aucune vue de l’intérieur, aucun détail sur l’historique du véhicule.

Un acheteur d’occasion cherche des raisons de faire confiance, et il les cherche dans les détails. Une annonce complète, avec des photos honnêtes y compris des défauts, obtient moins de contacts et beaucoup plus de visites qui aboutissent.

Moment 2 : la réponse au premier message

C’est le moment décisif, et le plus mal traité. La personne a écrit à trois concessions ; celle qui répond dans l’heure, avec le nom du véhicule et une question précise, obtient la conversation, et souvent la visite.

Ce qui échoue systématiquement : la réponse générique qui invite à passer, la réponse qui arrive le lendemain, et la réponse qui redemande une information déjà donnée dans le message initial. Le mécanisme général est décrit dans notre guide sur le délai de réponse.

Moment 3 : la préparation de la visite

Entre la prise de rendez-vous et la visite, il se passe souvent plusieurs jours, et rien. C’est un espace vide que les concessions n’utilisent pas, alors que le client, lui, continue de regarder ailleurs.

Un message qui confirme, qui rappelle le véhicule et qui annonce ce qui sera prêt à l’arrivée coûte trente secondes et réduit sensiblement les rendez-vous non honorés. C’est aussi ce qui distingue une concession organisée d’une concession qui subit.

La reprise, souvent le vrai sujet

Une part importante des acheteurs a un véhicule à céder, et cette question pèse plus lourd dans la décision que le prix du véhicule convoité. Elle est pourtant traitée en fin de parcours, presque toujours en concession, alors qu’elle occupe le client dès le départ.

Une concession qui aborde la reprise dès le premier échange, même sans donner de montant, se distingue immédiatement : elle parle de ce qui préoccupe la personne au lieu de parler du véhicule qu’elle veut vendre. Le sujet est développé dans notre guide sur la reprise.

Ce qui ne sert à rien

Répéter la fiche technique du constructeur, que tout le monde affiche à l’identique et que le client connaît déjà. Multiplier les publicités de marque quand le stock n’est pas correctement présenté. Et promettre le meilleur prix, promesse que fait chaque concurrent et que personne ne croit.

Ce qui distingue une concession en ligne n’est jamais le produit, qui est le même : c’est ce qu’elle montre du véhicule précis qu’elle détient, et la façon dont elle répond quand on lui écrit.

Le cas du client qui ne veut pas être rappelé

Une partie des demandes arrive avec une consigne explicite : par écrit uniquement, ou pas d’appel avant telle heure. Les concessions l’ignorent souvent, par réflexe de métier, et appellent quand même parce qu’un vendeur préfère le téléphone.

C’est la façon la plus sûre de perdre un dossier déjà avancé. Une personne qui précise son canal a une raison, et le respecter coûte zéro. Le suivre est même un signal, parce qu’il montre qu’on a lu son message, ce que les concurrents n’ont pas fait.

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