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Lead scoring : comment prioriser les leads à rappeler en premier

Rappeler dans l’ordre d’arrivée revient à traiter de la même façon quelqu’un qui achète ce mois-ci et quelqu’un qui regarde. Prioriser n’est pas une raffinerie de tableur : quatre critères observables suffisent, et ils sont tous connus dès la première conversation.

Publié le · 8 min de lecture

Illustration isométrique de leads triés par priorité avant rappel par une équipe commerciale

Quand une équipe reçoit plus de demandes qu’elle ne peut en traiter dans la journée, elle applique presque toujours la même règle implicite : on rappelle dans l’ordre d’arrivée. C’est équitable, c’est simple, et cela fait perdre des ventes.

Le problème est que l’ordre d’arrivée ne dit rien de l’urgence ni de la probabilité. Un prospect qui achète ce mois-ci et un curieux qui compare pour l’an prochain arrivent dans la même file, et le second passe parfois devant.

Ce guide décrit les quatre critères qui prédisent réellement, comment les obtenir sans interroger personne, et le piège dans lequel tombent la plupart des dispositifs de scoring.

Les quatre critères qui prédisent vraiment

L’échéance

Le plus prédictif de tous, et le plus facile à obtenir : à quel horizon la personne envisage-t-elle son projet. Un prospect avec une date bat un prospect enthousiaste sans date, quel que soit le ton de la conversation.

L’adéquation au périmètre

La zone, le type de projet, l’ordre de grandeur. Un dossier hors périmètre a un taux de transformation nul quelle que soit sa motivation, et il consomme exactement autant de temps qu’un bon dossier.

Le niveau d’avancement

Ce que la personne a déjà fait de son côté : d’autres devis demandés, un financement évoqué, des mesures prises, un conjoint consulté. Un projet avancé se décide vite, dans un sens ou dans l’autre, ce qui est une bonne nouvelle dans les deux cas.

La réactivité

Le critère le plus négligé et l’un des plus fiables : quelqu’un qui répond dans l’heure à un premier message est incomparablement plus avancé que quelqu’un qui répond trois jours plus tard. Cette information est gratuite, elle ne demande aucune question.

Ce qui ne prédit rien

Le canal d’origine pris isolément, souvent surinterprété. La longueur du message, qui dit surtout que la personne aime écrire. Et la politesse, qui n’a aucun rapport avec l’intention d’achat mais influence beaucoup le classement fait à la main.

Le budget déclaré spontanément est un cas particulier : il est peu fiable en amont, parce que la plupart des particuliers n’ont aucune idée du coût réel avant d’avoir vu un devis. Le prendre comme critère de tri écarte des dossiers qui se seraient bien passés.

Le piège du score devenu alibi

Il apparaît toujours de la même façon. Le score existe, il est mis en place, et il devient une raison de ne pas rappeler : ce lead est à trente pour cent, on verra plus tard. Trois semaines après, personne ne l’a jamais appelé, et il est mort sans avoir été essayé.

Un score sert à mettre de l’ordre dans une file, pas à en sortir des gens. La règle qui protège de ce glissement est simple : tout le monde est contacté, le score décide seulement de qui l’est en premier et avec quelle intensité de suivi.

Les dossiers en bas de la file relèvent d’un autre traitement, la relance longue, décrite dans notre guide sur la relance à long terme. Ils ne relèvent jamais de l’abandon.

Ce que le score change dans la journée d’un commercial

L’effet le plus utile n’est pas statistique, il est humain. Une équipe qui rappelle dans l’ordre d’arrivée enchaîne des conversations très inégales, et l’enthousiasme s’use sur les dossiers vides. La même équipe qui commence par les dossiers mûrs entre dans sa journée avec deux conversations qui avancent.

Ce n’est pas anecdotique : le ton d’un commercial au quatrième appel dépend beaucoup des trois précédents, et cela se mesure dans les résultats de fin de journée.

L’inverse est vrai aussi et il faut le surveiller. Une équipe qui ne traite plus que le haut de la file perd la main sur le reste, et l’entreprise finit par ne savoir vendre qu’aux clients déjà décidés. Le tri organise l’effort, il ne doit pas réduire le périmètre.

Par où commencer sans outil

Deux questions posées systématiquement au premier contact suffisent à faire mieux que la plupart des dispositifs sophistiqués : à quelle échéance, et où en êtes-vous dans votre projet. Notées quelque part, elles donnent immédiatement trois piles.

Le raffinement vient après, et il vaut surtout par ce qu’il automatise. Un score qui demande une saisie manuelle après chaque appel ne survit pas à une semaine chargée, comme tout ce qui repose sur la discipline en fin de journée.

Une dernière précaution, valable quel que soit l’outil : le score doit être relu tous les trimestres contre les ventes réellement conclues. Un critère qui prédisait bien il y a un an peut ne plus rien prédire après un changement d’offre ou de zone, et personne ne s’en aperçoit tant qu’on ne compare pas.

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