Artisans

Comment attirer de meilleurs clients et éviter les chasseurs de prix

Un client qui ne parle que du prix n’est pas radin : il n’a reçu aucun autre critère pour départager trois entreprises qui lui disent toutes la même chose. Le tri ne se fait pas au moment du devis, il se fait bien avant.

Publié le · 8 min de lecture

Illustration isométrique d’un tri des demandes de chantier qui écarte les comparaisons au seul prix

Toutes les entreprises du bâtiment connaissent ce client : il demande trois devis, il ne parle que du montant, il négocie chaque poste, et il finit souvent par prendre le moins cher avant de rappeler six mois plus tard parce que le travail a été mal fait.

L’explication commode est qu’il existe des clients radins. C’est vrai, mais c’est une minorité, et cela n’explique pas pourquoi certaines entreprises en croisent tout le temps et d’autres presque jamais dans le même secteur.

La vraie explication est plus dérangeante : un client compare sur le prix quand personne ne lui a donné autre chose à comparer. Ce guide décrit ce qui attire ce profil, et ce qui le filtre en amont.

Ce qui attire les comparateurs de prix

Trois choses, et toutes viennent de vous ou de votre canal. La première est une promesse de gratuité et de rapidité : un devis gratuit en deux minutes attire précisément ceux qui veulent collectionner des chiffres, pas ceux qui veulent un chantier.

La deuxième est l’absence de différenciation. Trois entreprises qui disent toutes qu’elles sont sérieuses, expérimentées et à l’écoute donnent au client exactement un critère utilisable, et ce n’est pas leur sérieux.

La troisième est le canal lui-même. Une demande mise en concurrence dès son émission installe la comparaison avant tout contact, et il est très difficile d’en sortir ensuite. Le mécanisme est décrit dans notre guide sur la dépendance aux plateformes.

Ce qu’un bon client cherche vraiment

Il ne cherche pas le moins cher, il cherche à ne pas se tromper. C’est une nuance décisive : il a peur d’un chantier qui traîne, d’une entreprise qui disparaît en cours de route, d’un devis qui gonfle, d’un résultat qui ne ressemble pas à ce qu’il avait en tête.

Tout ce qui réduit ces peurs vaut plus, pour lui, qu’une remise. Des dates annoncées et tenues, des photos de chantiers comparables, un devis qui détaille ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas, une réponse claire sur ce qui se passe si un imprévu apparaît à l’ouverture d’un mur.

Une entreprise qui apporte ces éléments cesse d’être comparable sur le seul prix, parce qu’elle a donné un autre axe de comparaison.

Les filtres qui fonctionnent

  • Poser l’échéance et le budget d’ordre de grandeur avant de déplacer quelqu’un.
  • Annoncer clairement votre zone et vos types de chantier, et s’y tenir.
  • Montrer des réalisations comparables plutôt que des arguments sur votre sérieux.
  • Détailler le devis poste par poste, y compris ce qui n’est pas compris.
  • Dire non, franchement, quand le projet ne correspond pas.

Le dernier point est le plus efficace et le plus difficile. Une entreprise qui refuse un chantier gagne immédiatement en crédibilité auprès de celui qu’elle refuse, et il en parle autour de lui.

Le premier appel décide plus que le devis

On imagine que le tri se joue au moment du chiffrage. Il se joue avant, dans les quelques minutes du premier échange, et la plupart des entreprises n’en font rien : elles notent une adresse et prennent un rendez-vous.

Quatre questions changent tout, et aucune n’est indiscrète. Depuis combien de temps le projet existe, ce qui a déjà été fait de son côté, s’il a déjà consulté quelqu’un, et à quelle échéance il envisage les travaux. Un projet vieux de deux ans qui n’a jamais avancé n’a pas le même avenir qu’un projet avec une date.

Ces questions ont un second effet, plus utile encore : elles installent d’emblée que vous travaillez avec méthode. Un client qui répond à quatre questions précises a déjà compris qu’il n’a pas affaire à quelqu’un qui donne un prix au téléphone, et il ajuste ses attentes tout seul.

Le prix bas se paie deux fois

Une fois sur la marge, ce qui se voit. Une seconde fois sur le chantier lui-même, ce qui se voit moins : un client qui a négocié dur surveille chaque poste, conteste chaque supplément, et rappelle pour des reprises. Le temps passé après la facture efface souvent ce qui restait de marge.

Le calcul complet demande de compter le chantier signé et pas la demande. Le raisonnement est détaillé dans notre guide sur le coût d’un lead.

Il y a un dernier effet, sur l’entreprise elle-même. Une équipe qui enchaîne les chantiers négociés au plus bas finit par travailler vite plutôt que bien, parce que c’est la seule façon de rentrer dans le prix. La qualité baisse, les avis suivent, et l’entreprise attire encore davantage de comparateurs. C’est une spirale, et elle commence par un seul devis qu’on a accepté de brader.

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